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En bref : • La gratuité des cartes grises pour véhicules électriques sera supprimée au 1er mai 2025, avec des coûts variant entre 150€ et 750€ selon la puissance et la région. • Cette mesure s'ajoute à la réduction du bonus écologique et l'instauration du malus au poids, alors que le marché électrique connaît déjà un ralentissement de 9% au premier trimestre 2024. • Les automobilistes dénoncent un désengagement de l'État qui supprime progressivement les avantages économiques promis pour encourager la transition vers l'électrique. • Les professionnels relativisent l'impact financier de cette mesure, pointant plutôt le prix d'achat élevé et l'insuffisance des infrastructures de recharge comme obstacles majeurs. • Ces décisions semblent contradictoires avec l'objectif européen de 100% de ventes de véhicules zéro émission d'ici 2035. |
Plus aucun avantage à l’horizon pour les véhicules électriques ? Après la réduction du bonus écologique et l’instauration du malus au poids, c’est maintenant la gratuité des cartes grises qui disparaît. Une mesure qui fait grincer des dents alors que le marché de l’électrique montre déjà des signes d’essoufflement.
La fin de la gratuité des cartes grises pour les véhicules électriques
C’est désormais officiel : à compter du 1er mai 2025, les propriétaires de véhicules électriques devront s’acquitter de frais pour obtenir leur carte grise, comme l’a confirmé hier le ministère des Transports. Cette exonération, en place depuis 2019, visait à encourager la transition vers l’électromobilité en réduisant le coût d’acquisition.
Selon les estimations d’Auto Plus, le prix d’une carte grise pour un véhicule électrique oscillera entre 150€ et 750€, en fonction de la puissance du véhicule et du lieu d’immatriculation. Seuls les Hauts-de-France maintiennent pour l’instant la gratuité, une décision justifiée par « l’engagement régional fort en faveur de la transition écologique », d’après le président du conseil régional.
Cette annonce intervient alors que les ventes de voitures électriques ont connu un ralentissement de 9% au premier trimestre 2024, selon les chiffres publiés par RTL.
Réactions des automobilistes face à cette nouvelle mesure
« J’avais prévu d’acheter une électrique en juin prochain, mais je vais accélérer ma décision pour bénéficier encore de la gratuité de la carte grise », confie Claire, 42 ans, résidente à Lyon. « C’est un coût supplémentaire qui s’ajoute au prix déjà élevé des véhicules électriques, sans parler de l’installation d’une borne à domicile. »
Pour Thomas, propriétaire d’une Tesla Model 3 depuis 2022, cette mesure est symptomatique d’un désengagement de l’État : « On nous a vanté tous les avantages économiques de l’électrique pour nous convaincre de franchir le pas, et maintenant on les supprime un à un. C’est un très mauvais signal pour la transition énergétique. »
Point de vue des professionnels et impact sur le marché
Les professionnels du secteur automobile relativisent toutefois l’impact de cette mesure. « La carte grise représente environ 1% du coût total d’acquisition d’un véhicule électrique », explique Jean Moreau, directeur d’une concession multi-marques à Nantes. « Les véritables freins restent le prix d’achat et l’angoisse de l’autonomie. »
Un sentiment partagé par l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) qui pointe plutôt « l’insuffisance des infrastructures de recharge » comme obstacle majeur au développement du marché. Selon elle, la densité du réseau français reste en-deçà des besoins, avec seulement 125.000 bornes publiques pour plus de 800.000 véhicules électriques en circulation.
Mesures contradictoires et perspectives d’avenir
Cette suppression de l’exonération s’inscrit dans une série de mesures perçues comme contradictoires avec l’objectif affiché d’électrification du parc automobile. La réduction du bonus écologique de 7.000€ à 4.000€ en janvier dernier, suivie de l’application du malus au poids pour certains SUV électriques, avait déjà suscité l’incompréhension.
« C’est un équilibre délicat à trouver entre transition écologique et contraintes budgétaires », justifie le ministère de l’Économie, qui rappelle que « les aides publiques représentent déjà plus de 10 milliards d’euros annuels ». Les analystes du secteur anticipent toutefois un impact psychologique plus important que financier sur les ventes. Le symbole de la gratuité disparaît, alors même que l’Europe vise 100% de ventes de véhicules zéro émission d’ici 2035, un objectif qui semble de plus en plus difficile à atteindre au rythme actuel.

Je m’appelle Pascal praud et la sécurité routière, c’est mon cheval de bataille. J’ai toujours voulu rendre la route plus sûre, mais un jour, un panneau mal placé a déclenché une discussion mémorable avec un maire. La sécurité, c’est aussi une histoire de rencontres.